Depuis 2003, la filière Champagne réalise à intervalles réguliers son Bilan Carbone. Ce diagnostic est essentiel pour identifier nos dépendances aux ressources fossiles et chercher des solutions pour les réduire.
Parmi les nombreux postes évalués, on retrouve les "déplacements de personnes", fortement impactés par l’œnotourisme, un sujet trop souvent oublié des démarches carbone.
Dans le cadre de la mise à jour 2025 du Bilan Carbone Champagne, il nous a semblé intéressant de détailler ce point qui a donné lieu à un développement méthodologique innovant : la collecte des données de bornage téléphonique pour estimer les flux de visiteurs (touristes et vendangeurs) en Champagne.
L’objectif ici, comme dans tout Bilan Carbone, n’est pas la culpabilisation ou l’autoflagellation, mais l’identification lucide de vulnérabilités, pour anticiper d’éventuelles contraintes pouvant impacter notre activité (contribution carbone sur les billets d’avion, taxation du kérosène, fluctuation du cours du pétrole, pandémie mondiale… par exemple).
Bilan Carbone de la filière Champagne
La méthode du Bilan Carbone permet d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à une activité et d’identifier les postes clés d’émissions. Elle permet de comptabiliser l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre, quelle que soit leur forme : gaz carbonique (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O) etc.
converties ensuite en tonne-équivalent CO2 (t eCO2) de manière à pouvoir comparer et hiérarchiser l’ensemble des émissions.
Le périmètre d’étude pour la filière Champagne (figure 1) comprend :
- les émissions directes liées à l’utilisation de l’énergie à la vigne ou dans l’élaboration des vins,
- les émissions directes non énergétiques (émissions de N2O par la fertilisation, fuites de gaz frigorigènes),
- le transport des personnes et des marchandises,
- les émissions indirectes provenant des achats (biens et services), des immobilisations (bâtiments, matériels) et des futurs emballages (bouteilles, habillage, conditionnement).

