L’écoconception vise à évaluer les impacts environnementaux d’une pratique ou d’un produit puis à identifier des leviers pour réduire ces impacts. La Champagne est engagée sur cette voie depuis le début des années 2000, avec l’évaluation systématique des procédés viti-vinicoles. Quand on parle d’écoconception, des sujets comme la bouteille ou les bâtiments viennent naturellement à l’esprit, mais c’est une approche qui concerne l’ensemble de nos pratiques, de la plantation de la vigne jusqu’à la consommation du Champagne. Et c’est justement sur cette première étape que nous allons nous focaliser ici.
Mise en perspective : impacts environnementaux de la viticulture
La méthode de référence pour l’évaluation des impacts est l’Analyse du Cycle de Vie (ACV), cadrée par les normes ISO 14040 et ISO 14044. Elle est multi-critères (carbone, eau, écosystèmes, etc.) et multi-étapes (matières premières, production, transports, utilisation, fin de vie), ce qui permet d’avoir une vision globale et d’éviter les transferts d’impacts.
L’ACV de la viticulture champenoise permet de hiérarchiser les sources d’impacts environnementaux des procédés viticoles (figure 1). Sans surprise, les actions mobilisant du machinisme et/ou des intrants dominent : fertilisation, entretien du sol, protection, conduite de la vigne. Ce sont donc logiquement les points sur lesquels les plans d’action du vignoble (Eau, Carbone, Biodiversité) se sont concentrés depuis des années, et qui restent prioritaires aujourd’hui.

