La filière Champagne est engagée depuis plus de vingt ans dans une dynamique de viticulture durable. Portée par l’ambition de réduire au maximum l’empreinte environnementale de la filière, la Champagne s’est engagée dans une mutation progressive pour rester exemplaire. Ces ambitions nécessitent une évolution profonde des pratiques viticoles, en particulier en matière d’agromachinisme. Un troisième objectif environnemental est annoncé à la fin de l’année 2022 : l’engagement vers le net zéro carbone pour 2050.
Le poste des agroéquipements est stratégique pour poursuivre la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et mettre en place des alternatives à la protection phytosanitaire. Peut-on encore faire mieux ? Voici quelques pistes.
Dans ce contexte, les vignerons et les maisons de Champagne sont confrontés à une double exigence : adapter leurs équipements et leurs modes d’organisation.
Le renouvellement et l’optimisation du parc matériel deviennent des leviers majeurs d'où partons-nous ? vers où pouvons-nous aller ? Cet article propose un état des lieux technique et une prospective de l’évolution de l’agromachinisme champenois.
Un parc matériel théoriquement dimensionné, mais réparti de manière inégale
Une densité de matériel parmi les plus élevées
Avec environ 6 000 tracteurs enjambeurs (soit 1 pour 5,5 hectares) et 1 600 chenillards de plus de 20 CV (1 pour 21 hectares), le vignoble champenois dispose d'un parc important. Ce matériel permet théoriquement d'assurer les principaux travaux culturaux, y compris le travail du sol.
Concernant sa dynamique, c’est un parc qui se développe. On compte environ 210 machines neuves chaque année, avec un taux de mise au rebut faible (autour de 1 %).
Une utilisation inégale et des machines sous-employées
60 % des enjambeurs et près de 800 chenillards participent régulièrement au désherbage mécanique. En conditions idéales, cela permettrait de couvrir plus de 55 000 hectares. Toutefois, en tenant compte du morcellement parcellaire, des temps de trajets et de la météo, la couverture réaliste estimée est plutôt de 37 000 hectares.
Le parc est souvent surdimensionné chez les petites exploitations (3,5 ha/tracteur) et parfois sous-équipé chez les grandes (jusqu'à 12 ha/tracteur pour le travail du sol).
